Pélerinage à la mecque du Yoga : RIMYI (le Ramamani Iyengar Memorial Yoga Institute)

Après un voyage de presque 24 heures nous voici arrivées à Pune à 5 heures du matin. Nous prenons un taxi jusqu’à notre domicile indien. A l’adresse donnée, nous trouvons une splendide villa moderne encore endormie. Le propriétaire est un réalisateur de films qui cartonnent. A première vue, c’est une maison vraiment superbe, toute conçue pour vivre autant à l’extérieur qu’à l’intérieur avec au centre du patio un bassin et des lotus.

Une fois sortis de leur lits, les occupants de la maison nous reçoivent très chaleureusement… Et offrent toute l’aide dont nous pourrions avoir besoin. Nous nous éclipsons dans notre chambre avant notre visite au RIMYI (l’institut). Le voyage nous a épuisées il nous faudra des forces pour l’institut!.

Escale à Dehli
Escale à Dehli
C'est pas degueu chez nous
C’est pas degueu chez nous

Après deux heures de sommeil, il nous tarde d’aller nous enregistrer au RIMYI (l’institut quoi), mais pour cela il va d’abord falloir changer nos euros en roupies. C’est une opération délicate depuis que le gouvernement a décidé de supprimer les billets de 500 et de 1000 roupies. Les banques sont à court de petites coupures c’est pourquoi ils ne délivrent qu’à leurs clients, des petites sommes rationnées journellement. De sorte que les files d’attentes devant les banques sont réellement interminables. Les distributeurs sont pris d’assaut et à court de devises.

Bref, notre hôte prêt à tout pour nous rendre service sort son smartphone, baragouine 30 secondes en maharathi et nous dit de patienter. 15 min plus tard, un homme sorti de nulle part, avec une valise de billets à la main nous échange nos euros en billets de 100 roupies (un peu plus de 1 euro). Il nous faudra par conséquent passer du porte monnaie au sac en plastique (c’est évidemment rhétorique) pour ranger nos roupies, tant il y en a. Incredible India.

En attendant l'homme à la valise, je croque la maman de notre hôte
En attendant l’homme à la valise, je croque la maman de notre hôte

Liasses en poche, nous nous rendons enfin à l’institut pour s’enregistrer et prendre nos props kits. C’est l’extase. Je suis complètement euphorique a l’idée de me trouver à l’épicentre, à la Mecque du yoga.

l’institut – RIMYI

Un tapis rouge à été déroulé devant le portail jusqu’à l’entrée du RIMYI devant les étagères où l’on dépose ses chaussures. Ce qui saute aux yeux c’est la taille du lieu, tout semble un peu petit. Comme si on avait tout réduit d’environ 10 pour-cent. Il faut dire que les indiens sont franchement petits par rapport à nous, le modulor maharathi doit mesurer environ 1,65m.

Tout me paraît mignon et verdoyant et les autres participants ont l’air d’être tout aussi high que moi. Quelle émotion d’être enfin assises dans cette salle mythique que nous avons vue mille fois en photo! Après tout nous avons été sélectionnés parce que nous sommes des élèves de niveau intermédiaire. C’est à dire que nous pratiquons depuis 3 à 10 ans et la très grosse majorité n’est jamais venue à l’institut avant…

la grande salle du RIMYI
Enregistrement des participants
les props kits empilés à l'institut
Les props kits

Après une première nuit d’insomnie à cause du décalage – mais surtout à cause du mariage juste à côté (non Pune n’est pas une oasis de silence et d’air pur) – c’est le grand jour. Nous nous rendons de nouveau au RIMYI pour une présentation. Demain les choses sérieuses commenceront avec les enseignements d’Abhijata.

Abhijata

Je vais t’avouer quelque chose tout de suite cher lecteur: je n’étais pas très partante pour étudier auprès d’Abhijata. En fait cette histoire de dynastie familiale à toujours causé un sérieux doute chez moi. Pourquoi faut-il que cette jeune femme soit plus qualifiée qu’un autre pour reprendre le flambeau? juste parce que c’est la petite fille du gourou? Il y a des milliers d’autres profs ultra qualifiés en Inde ou ailleurs. Et ils ont commencé le yoga avec BKS Iyengar bien avant qu’elle ne vienne au monde!

Bref, je me suis tout de même fait persuader (et ça n’a pas été très difficile) par mon amie et collègue de formation qu’il fallait entreprendre ce voyage… Parce qu’on n’aurait peut-être plus l’opportunité tout de suite… Qu’après la formation on aurait d’autres objectifs… Que de toute façon il s’agissait surtout d’un pèlerinage etc etc.
Et le premier jour d’enseignement a fini par me convaincre entièrement. Je ne vais pas vous raconter ici le contenu des enseignements, je n’ai pas mis au propre mes notes et je n’ai encore rien dessiné. De plus si ça vous intéresse, de nombreux participants ont déjà partagé des tas de notes détaillées sur leur page Facebook.

Non, je voudrais ici juste faire part de mon enthousiasme. Car sous son air très juvénile, Abhijata a su mener d’une main de maître une salle de plus de 300 yogis. Avec concentration, précision, humour et beaucoup d’humilité. Elle ponctue son enseignement de petites anecdotes de son apprentissage auprès de Guruji. Et c’est bien cela qui transpire chez elle. Bien plus que sa qualification à être là, mais le fait qu’elle a été choisi par ce dernier pour être l’objet de sa transmission. Ce qu’elle s’attache à faire avec une véritable grâce et beaucoup de générosité.

Gratitude

Il n’y a pas à dire, je suis vraiment heureuse d’être là et d’avoir la chance de recevoir les enseignements d’Abhijata. C’est amusant de la voir sur cette scène entourée de ses deux assistants Raya et Uday. Elle les mène à la baguette (au sens propre puisqu’elle elle tient un manche à balai pour montrer) . Et tous les trois partagent une complicité qui est vraiment charmante à observer.

En relisant ce dernier paragraphe, je me dis que ça sonne un peu niais. Mais c’est bien ce que je ressens, je suis peut-être trop euphorique et un peu beâte. En tous cas je sais maintenant ce que veulent dire les LA chicks qui ont déroulé leur tapis à côté du mien, quand elles disent “i am so grateful”.

Béatitude au RIMYI
Béatitude et jetlag

Lire la suite: retour à Hambourg

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Aller voir ailleurs

J’ai encore été infidèle… oui: je suis encore allée voir ailleurs.

On ne se refait pas.

J’avais pas envie de voir toujours les mêmes têtes, les mêmes profs, le même mur beige plein de cordes. Bref, dans un moment d’égarement hier soir, j’ai décidé de me rendre incognito au cours de Vinyasa Flow juste à coté de chez moi (j’espère que la police du yoga n’en saura rien).

Je connaissais déjà la très belle salle puisque c’est là qu’ont désormais lieu les retraites avec Clive. Ambiance tamisée, encens et musique new-age à base de gongs vibrants sur fond de pluie tropicale et arrière plan décent de voies au ton “world”…  juste assez pour faire fuir le DJ qui est en moi. Sauf que…

Sauf que: il y a des jours où on a pas forcément envie de regarder du cinéma d’auteur, mais plutôt un bon vieux blockbuster. Et hier c’était un jour comme ça. Pas envie de se prendre la tête quoi. Envie d’un prof à la voie douce, pas envie d’entendre parler de mes ischions ou du bord extérieur de mes pieds. Envie de bien-être, quoi.

Oups, le mot est lâché: “Bien-être”

ça sonne comme un gros mot quand on vient du yoga Iyengar, vous ne trouvez pas? Parce que chez nous, on est pas là pour se faire caresser dans le sens du poil. Le bien-être, en yoga Iyengar, ne se trouve pas dans le décorum d’une salle, d’une atmosphère ou dans la voix du prof.. le bien-être on va le chercher soi-même.

En fait ce concept de “bien-être”, qui dans le domaine du yoga, définit peut-être la recherche d’une harmonie avec soi et les autres, n’a rien à voir avec le décorum ou avec la forme… c’est simplement la voie du yoga. Mais ne me comprenez pas mal, ça ne veut pas dire qu’il y a un bon et un mauvais yoga: tout comme les bons blockbusters ne sont pas forcément juste des films creux et commerciaux… et croyez moi les gens qui enseignent au studio où je me suis rendue hier soir sont de vrais passionnés et d’authentiques yogis… à chacun sa voie, à chacun son yoga.

Ne t’alarme donc pas cher lecteur, chacun de mes écarts me renforce dans mes convictions… Je reste amoureuse par dessus tout du yoga Iyengar et ne compte pas le quitter de si tôt.

J’adore cette simplicité et cette constance dans notre tradition de yoga Iyengar. La discipline du yoga y est enseignée sans complaisance! (c’est sans doute pourquoi certains profs de yoga Iyengar peuvent même se payer le luxe d’être antipathiques, cqfd).

Yoga bootcamp

Tout ça pour dire que ce concept de “bien-être” colle vraiment à la peau du yoga. Quand j’explique à des non-yogis que je pars en Inde faire du yoga (ah, je vous avais pas dit?), j’ai l’impression qu’il faut tout de suite que j’ajoute que: a) c’est du yoga Iyengar, b) que l’on ne reste pas assis en tailleur, les yeux mi-clos à contempler au sol un mandala de pétales de fleurs, c) avec d’autres jeunes femmes occidentales, d) ravies de se faire chouchouter ayurveda pour pas cher, e) dans un charmant petit beachresort entouré de palmiers f) etc etc …

Bref. Je pars samedi pour Pune au RIMYI … session spéciale avec Abhijata. Et ça va pas ressembler à ça:

La suite au prochain post en direct de Pune.

 

Ma collaboration avec Bakchichbaba

Alors voilà, si vous suivez ce blog, vous avez peut-être constaté que depuis quelques mois déjà, est apparu sur la barre latérale de droite, un encart publicitaire pour la marque française de vêtements et de matériel de yoga  «Bakchichbaba» … si si, je monétise ce blog! et je ne vais pas vous cacher que je suis ravie à l’idée de gagner quelques euros en compensation du travail que cela représente… mais ne croyez pas pour autant que je me vends à n’importe qui !

En effet avant d’avoir inséré cette pub, j’ai reçu plusieurs autres types de propositions commerciales pour des produits qui ne correspondent pas du tout (mais alors pas du tout) à ce blog et encore moins à l’esprit du yoga. Ou du moins celle que je m’en fait. Cela va sans dire que j’ai refusé à l’appel mercantile des marques. Mais avec Bakchich, c’est pas tout à fait pareil.

En fait j’étais déjà une cliente bêta de Bakchichbaba. Je connaissais les produits et leur qualité, alors quand Dessislava – la créatrice de la marque – m’a contactée, je n’ai pas hésité longtemps. Cette collaboration est pour moi idéale puisque la philosophie de sa marque correspond bien à celle de mon journal, que ce sont aussi des produits que j’utilise à titre personnel et que je les recommande volontiers.
C’est ainsi qu’avec l’encart, j’ai aussi commencé à écrire des articles pour son journal en ligne. Enfin, tout comme moi, Dessislava tient seule la barre de sa petite entreprise, et c’est ce qui a fini de me la rendre vraiment sympathique.

Matériel de pranayama en bois

Tout ça pour dire qu’un objet mystérieux se trouvant sur la boutique en ligne avait déjà attiré mon attention depuis longtemps et que je n’en avais jamais vu auparavant… un objet en bois sobrement nommé « matériel de pranayama »

materiel-de-pranayama
Matériel de pranayama – photo du shop Bakchichbaba

D’après la photo sur le site cela me paraissait prometteur. J’ai donc proposé à Dessislava de tester son produit pour et en faire un article. Et pour être complètement transparente avec vous, elle m’a fait parvenir l’article à titre gracieux mais n’a pas exigé de conditions particulières en retour, sachez donc que ce post est rédigé entièrement librement.

matériel de pranayamaDe quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un objet composé de deux pièces en bois. Un manche et une pièce oblongue arrondie sur une face et avec des réservations sur l’autre face qui permettent de l’imbriquer sur le manche en long ou en large.

L’objet est fabriqué en Bulgarie, le pays natal de Dessislava, en bois de frêne certifié FSC issu de forêts à gestion durable, il paraît d’ailleurs que la législation est particulièrement stricte à cet égard en Bulgarie !

D’où vient-il ?

Dessislava m’a raconté avoir vu cet objet à Pune, à l’institut Ramamani de yoga Iyengar. C’est un objet crée par BKS Iyengar pour la pratique du Pranayamana (techniques de respiration) qui, vous allez le voir ci-dessous, démontre et confirme une fois de plus la créativité et le génie de notre grand maître. Je l’ai emmené à mon studio de yoga de Hambourg pour le montrer à mon prof et formateur, qui en avait déjà vu un, une seule fois chez notre Rita Keller nationale. Il n’en avait jamais vu ailleurs et n’en avait jamais utilisé lui même. S’ensuivit donc une petite séance de test avec mon collègue Sven.


Le test

De l’effet des différentes positions de l’objet

Nous avons en premier testé les deux positions possibles de l’accessoire dans le dos.
Et il nous est vite apparu que la position transversale (photo b) n’avait pas beaucoup d’intérêt pour nous.

Dès la première utilisation, on comprend vite l’effet des deux positions. La position longitudinale (photo a) presse le long de la colonne vertébrale et permet de “lisser les bosses” … Tandis que la position transversale permet une plus grande ouverture de la poitrine à condition que l’objet soit placé suffisamment haut dans le dos…

Et c’est bien là la difficulté de la position transversale : pour maintenir l’objet à la bonne hauteur dans le dos il faut positionner la barre très haut sur les avant-bras. Même si on utilise de la hauteur sur les cuisses pour avoir les mains plus haut, la barre descend inévitablement en glissant sur le tee-shirt créant plus de lordose dans le dos si l’on est pas attentif.

positions du matériel de pranayama

“Paschima-Namaskarasana”

En revanche la position longitudinale de l’objet dans le dos c’est le rêve! On peut le voir sur la photo a ci-dessus, l’objet ne se trouve pas exactement entre les omoplates. Mais on pourra en régler la hauteur en plaçant les mains plus haut, sur des couvertures par exemple. J’ai trouvé la hauteur optimale: car pour qui, comme moi, a tendance à creuser les lombaires, on pourra se concentrer à les plaquer contre la pièce en bois.  Les coudes derrière la barre en bois fixent les épaules dans une position idéale. Le haut de la pièce de bois presse exactement au niveau du sternum comme une invitation à l’élever un peu plus. Un peu comme le font les mains en Paschima namaskarasana! 

paschima namaskarasana

Une autre bonne surprise, c’est que la barre est assez longue. L’ensemble fonctionne aussi très bien pour des carrures plus imposantes, comme celle de Sven.

matériel de pranayama

Cette découverte de l’utilisation de cet objet comme ersatz de Paschima Namaskarasana nous a poussé à explorer plus loin notre test… Dans des variations de postures debout qui se font avec les mains dans le dos ou concaves. Comme Uttanasana ou Parsvottanasana par exemple. Et là encore l’utilisation de cet objet est géniale.

Car dans ces flexions avant où le dos doit impérativement rester droit et les mains jointes, il n’est pas rare de voir que le dos se courbe même chez ceux qui arrivent à réunir les mains, car la colonne vertébrale s’arrondit et compense ce que les ischios-jambiers ne sont plus en mesure de donner pour exécuter la flexion avant…. Ici avec cet objet: plus moyen de tricher! et je vous assure que l’on sent la différence dans l’arrière des jambes.

materiel de pranayama

conclusion:

je trouve que “Paschima-stick” serait un très bon nom pour ce matériel qui n’en a pas. Sauf que c’est un peu long. C’est un très bon accessoire pour apprendre à s’assoir correctement et pour le pranayama en position assise: Ujjayi et Viloma. Mais pas le pranayama digital puisqu’une fois le coude placé derrière le manche les doigts ne parviennent plus jusqu’au nez 🙂

A titre personnel j’ai commencé à m’en servir pour ma pratique du pranayama. J’avoue que je suis très convaincue de cet objet qui me permet de rester plus longtemps assise et parfaitement droite.

Enfin  je pense vraiment que c’est le genre de matériel de yoga que l’on devrait voir plus souvent dans les salles. Si j’avais un studio, je me procurerai deux ou trois de ces “sticks”. Je les utiliserai avec certains élèves qui s’affaissent en position assise. Ou pour ceux qui ne comprennent pas l’extension du tronc dans les postures avant… Ou enfin pour les dos récalcitrants!


Articles paru sur le journal de Bakchichbaba:

.Mon mari a jeté (par inadvertance) mon carnet de croquis…
je vous laisse imaginer le drame à la maison. Je suis pas du genre à tenir aux objets en général, mais mon carnet de croquis!!!

rogntudjû

Du coup tout ce que je voulais raconter dans ce blog est parti à la poubelle en même temps que mon petit moleskine rouge. Je vous épargne les détails de la mésaventure.  Surtout la scène de ménage qui a suivi, car tout cela est hors-sujet ici.

Adieu donc les notes sur les différentes constructions pour le pranayama allongé, les vinyasas pratiqués en classe et tout le reste… (en fait je n’arrive pas à m’en remettre). Heureusement que pendant l’été, je n’ai pas chômé et que j’avais déjà mis au propre pas mal de choses concernant la théorie du “sequencing” et mes notes de stage au Tardoun avec Christian Pisano, etc.

carnet et notes de séminaire de formation Iyengar
Adieu

Le pire dans tout ça, c’est qu’avec le  carnet j’ai perdu les contact des belles rencontres faites au Tardoun en juillet. Alors si vous me lisez chers, Catrina, Claire, Emilie, Nathalie, Stéphane, et les autres, n’hésitez pas m’envoyer un petit mot, je pense à vous et je voudrais bien reprendre contact <3

Semaine intensive d’août:

Directement après mon retour en Allemagne, j’ai enchaîné avec la première semaine de formation intensive de la rentrée. Et comme l’année dernière, la reprise a été rude puisque nous avons tout de suite commencé par la séquence de level II sans préambule et avec timer: et ça m’a mise a plat pour les 7 jours à suivre. Il faut dire que j’ai pratiqué tout autrement pendant mon séjour en France: tous les jours mais moins intensivement, un peu à cause de la chaleur, un peu parce que seul, on est plus coulant 😉

La seule chose qui me reste donc de cette semaine, c’est ma planche de dessin sur mes notes sur le “sequencing“. On trouve beaucoup d’informations à ce sujet sur internet et je me suis permise la petite fantaisie que voici, qui condense en une sorte de tableau les éléments vus avec notre formateur.

sequencing-iyengar-notes de formation

Le découpage hebdomadaire

Si vous êtes un habitué des salles de yoga Iyengar, vous savez que:

  • la première semaine du mois on pratique les postures debout,
  • puis viennent les flexions vers l’avant la deuxième semaine,
  • en troisième semaine ce sont les flexions vers l’arrière,
  • enfin la quatrième semaine on pratique des postures dites récupératives.

Si le mois compte cinq semaines, alors on déplace les postures récupératives en cinquième semaine et on fera une semaine dite “freestyle” (à la discrétion du prof) en quatrième semaine.

Et savez vous pourquoi ce découpage hebdomadaire? Et bien parce que c’est ce qui se fait à l’institut à Pune, par commodité. Car les étrangers viennent pour la plupart y étudier un mois complet et ils n’arrivent évidemment pas tous en début de mois. Alors pour être sûrs qu’ils aient une palette d’enseignement complète on a intégré cet ordre. Et la plupart des studios de yoga Iyengar ont repris ce système à leur compte: du coup vous pouvez être sûr que de New-York à Dehli tous les Iyengar-Yogis font des postures debout cette semaine 😉

Si vous regardez mon tableau ci-dessus, vous verrez que j’ai découpé le sequencing en 3 parties, un peu comme une chanson : intro / main / outro (ça c’est mon côté DJane qui ressort).

Intro

En intro, il y a toujours le “rituel de consécration” comme dirait Christian P. , c’est à dire en langage plus profane, qu’après avoir pris place en Svastikasana, on chante le Om trois fois, et en cours avancé on y ajoute les invocations. C’est le rituel qui ouvre la parenthèse hors du temps du cours de yoga. Tout de suite après on fera une pose qui vise à centrer l’élève, c’est à dire une pose plutôt symétrique, genre Adho Mukka Virasana.

Main

Ensuite vient le “bloc” thématique de la semaine. La semaine récupérative est un peu différente, j’en parlerai plus bas.

Pour les semaines postures debout, flexions avant et flexions arrières, il est possible de commencer par des salutations dynamiques en guise d’échauffement, mais ce n’est pas obligé. Dans les cours avancés on peut même commencer avec des postures inversées.  Sinon en général on commencera toujours par des exercices de préparation selon la thématique du cours.

Pendant la semaine des postures debout:

On commencera par des postures latérales, puis on continue par des postures ou le bassin est tourné vers l’avant, et puis on finira le bloc thématique avec des postures symétrique à l’effet “refroidissant comme Prasarita Padottanasana.

Pendant la semaine des flexions-avant:

On commencera avec des flexions avant debout, puis assises, et on inclut si possible toutes les postures de renforcement de la sangle abdominale qui sont aussi des flexions avant comme Ardha Navasana, Paripurna Navasana. En cours avancé, on ajoutera éventuellement les équilibres sur les mains. Ici j’ai aussi noté qu’en cours avancé il est possible de finir avec une contre position. C’est à dire avec une flexion arrière.

Pendant la semaine des flexions-arrières:

Comme les deux semaines précédentes, on commence avec des exercices de préparation. Evidemment, les dites “baby-backbends” précèdent des flexions arrières plus intenses comme Urdhva dhanurasana. J’ai noté qu’il était important de prévoir assez de temps à la fin du cours pour être sûr de pratiquer des postures qui visent à calmer l’effet dynamisant des flexions arrières (surtout si le cours a lieu les soir!).

La semaine récupérative

Pendant cette semaine, il y a beaucoup de latitude pour le sequencing, exit les salutations, jumpings et autres postures dynamiques. Ici on peut tout faire, même des postures debout à condition qu’elles soient soutenues. C’est aussi par excellence la semaine de tous les suptas, à pratiquer sans modération.

Outro

En principe en fin de cours on a toujours les inversions… Si elles n’ont pas déjà été pratiquées en début. Sirsasana précède Salamba sarvangasana. Ou plus généralement, tous les éléments contenant une jalandara bandha viennent en fin de cycle. En semaine récupérative, les inversions sont soutenues (par exemple rope sirsasana / chair shoulderstand).

Et puis évidemment Savasana


Conclusion

L’art du sequencing est très complexe et ces quelques règles ne sont que des points d’appui pour les profs débutants. Les grands maîtres bousculent parfois ce système pour obtenir un effet recherché sur leurs élèves. Il n’y a qu’à regarder les séquences parfois données par Geeta ou Prashant à l’institut de Pune pour remarquer que leur enchaînement d’asanas n’a rien à voir avec les principes énoncés ci-dessus. Mais le yoga et le séquençage sont un apprentissage pour la vie. La meilleure règle étant d’observer quel effet aura tel ou tel autre enchaînement dans sa propre pratique. On en revient donc toujours au même mantra: “Do your practice and all is coming” comme dirait l’autre.

 

 

séquence de level I et vacances

L’été est enfin arrivé, et ce qui est aussi soudainement arrivé, c’est mon départ pour les vacances, en France…
5 semaines.
De côté les cours au studio, les entraînements en groupe, mes élèves et tout ce qui soutient ma pratique au quotidien. Il va falloir continuer à pratiquer, mais seule, et dans la canicule provençale! Surtout qu’à mon retour, la semaine intensive de formation m’attend.

Bon, je vais pas me plaindre non plus (c’est cool les vacances sur la Riviera)… Mais je sais que j’ai encore beaucoup de boulot pour bien maîtriser la séquence de base II. En particulier les flexions arrières. Je la trouve super cette nouvelle séquence sauf que quand j’arrive à l’asana N° 43 (juste après 30 secondes de Chaturanga Dandasana) je commence à fatiguer et là viennent toutes les flexions arrières à tenir aussi une minuteSalabasana, Makarasana, Dhanurasana, Bhujangasana, Ustrasana, Urdhva Dhanurasana <…>, Chatuspadasana… Je trouve ça un peu brutal quand même !

notes de cours sur les flexions arrières

Et puisqu’on parle de flexions arrières, voici ci-dessous un “medley” -incomplet- du cours de flexions arrières pratiquées le mois dernier en cours avancé. C’était vraiment une très belle séquence! J’ai mis au propre ces exercices, et j’espère que mes croquis feront justice au cours magnifique (comme d’habitude) de notre prof et formateur.

flexions arrières

1 – Salabasana – passif (préparation des aines)

Exercice à deux.
il faut 2 bolsters et une chaise.
L’élève s’allonge sur les deux bolsters, ventre dirigé vers le sol. La distance des bolsters entre eux dépend de la souplesse de l’élève. On les rapprochera tant que les aines ne perdent pas contact avec le sol. L’élève dispose ses mains sur le bord de la chaise – les bras sont tendus.
Le partenaire presse les gluteus de l’élève en direction des talons et vers l’extérieur. Cela a un double effet: tout d’abord à la fois les aines s’ouvrent d’avantage et ensuite cela permet de donner plus d’espace aux lombaires.

2 – Ustrasana “à la coule”

Il faut une chaise.
Les genoux sont à l’aplomb des ischions et légèrement écartés (de la largeur du pelvis). On appuie le sacrum contre le bord de l’assise – et on se penche en arrière pour arriver à poser l’arrière du crâne sur le dossier. Les bras courent le long des pieds de la chaise.
Comme le bassin et la tête sont soutenus, on peut dans cet exercice se concentrer sur l’ouverture des “armpitchests”, c’est à dire de la zone qui se situe sous les aisselles à hauteur de la poitrine (y a-t-il une traduction pour cela en français?).
C’est pourquoi c’est une bonne variation pour une séquence à tendance restorative ou pour des débutants.

3 – Ustrasana au mur

Je commente pas: tout le monde connait, ou bien?

4 & 5 – Préparation au “drop back” en Kapotasana

Dans la variante 4 on utilise une chaise pour faire atterrir le sommet du crâne sur son assise, les pouces sont au niveau du sacrum, on les fera descendre au delà du pli de la fesse à mesure que l’on se penche en arrière. La pression des mains dans l’arrière des cuisses aide à maintenir le bassin vers l’avant et les cuisses verticalement le plus longtemps possible, pendant que le travail d’ouverture se fait au niveau des “armpitchests”.

Dans la variante 5, on se trouve dos au mur en position de départ pour Ustrasana. Ici les coudes sont pliés à 90° et les mains disposées de part et d’autre du tronc, sans contact. On se penche vers l’arrière en maintenant le pelvis au dessus des talons le plus longtemps possible (cette fois-ci sans l’aide des pouces comme dans la variation précédente). Puis on fera basculer les bras tendus vers l’arrière pour atteindre le mur et éventuellement descendre jusqu’à toucher le sol. La distance entre les pieds et le mur doit être décidée en fonction de la souplesse et de la témérité de l’élève 🙂

6 – Ustrasana dans les cordes

Je l’avoue tout de suite, j’ai adoré cette variation d’Ustrasana qui -enfin- était d’une grande légèreté! Il faut disposer un tapis antidérapant sous les tibias au mur pour ne pas avoir d’accident. Les genoux sont au niveau du bassin selon une ligne horizontale. Inutile de préciser que la corde est au niveau du sacrum et pas dans les lombaires. Et puis on descend les bras au sol ou on attrape les chevilles pour qui peut.

7 – Préparation à Kapotasana

Il faut une chaise et un mur.
C’est aussi un très bel exercice. Ici les genoux sont au sol sur une couverture. Ils sont légèrement écartés et les tibias complètement en contact avec le mur et parallèles entre eux. Le pelvis est en contact avec la chaise et le paumes de main sur l’assise. On se sert de l’appui des mains pour fléchir vers l’arrière dans le but de ramener le sommet du crâne contre le mur. Les bras sont comme en Bhujangasana – légèment fléchis.

Plus la chaise est loin du mur plus la flexion arrière est intense. Pour conclure, il faut non seulement une bonne flexibilité du tronc mais une bonne ouverture des aines et des quadriceps pour pratiquer correctement la variation de cette posture avancée.

 

Bielefeld

Ben oui, moi non plus je n’avais jamais entendu parler de Bielefeld avant de DEVOIR m’y rendre, convention oblige. Ici il faut que je précise que si j’habite dans une grande ville d’Allemagne, et y suis parfaitement heureuse, l’idée de devoir séjourner en province teutonne me déprime sévèrement d’avance.

Alors Bielefeld, quoi dire? La convention a eu lieu dans une ancienne fabrique de textiles très joliment réhabilitée en salle polyvalente, se trouvant elle-même dans un très joli parc. Et c’est donc à peu près tout ce que j’ai vu, et j’ai même trouvé ça pas mal! Nous avons eu très beau temps et la convention était un rêve d’organisation conforme à l’idée de ce que l’on se fait des allemands. convention de yoga Iyengar à Bielefeld

Zubin Zarthoshtimanesh

Ce qui frappe d’abord chez Zubin, c’est ses jambes. Et puis son charisme. Et puis ses jambes.

Des vraies jambes musclées taillées comme deux grosses carottes. Sans blague: il a de très belles jambes puissantes… Typiquement “Iyengar” où l’avant, l’arrière, et les côtés sont presque uniformément en ligne droite de haut en bas. C’est très beau à voir.

Comme l’année dernière avec Gulnaaz Dashti, il m’a fallu un certain temps pour m’habituer au style de l’enseignement à l’indienne qui ne s’embarrasse pas de fioritures inutiles. J’admets même que dès les premières heures cela m’a vraiment ennuyée. Mais tout comme l’année dernière aussi, il y avait beaucoup de très bonnes choses à prendre et encore beaucoup d’énigmes à percer….

Nous avons fait beaucoup d’aller-retours entre tapis et podium, beaucoup écouté et peu pratiqué. Ce qui m’a plu chez Zubin c’est son côté anti-dogme. J’ai pris assez peu de notes car c’était trop compliqué.. Donc vous ne trouverez rien dans cet article sur les exercices que nous avons fait.

convention avec Zubin à Bielefeld
Mes collègues de Hambourg et Zubin

Skin loose, skin loose!

Si vous suivez ce blog, vous savez que c’est une sorte de malédiction qui me poursuit depuis le début de la formation. Et voilà que Zubin s’y met aussi… Alors que je me donnais un mal de chien à activer les muscles stabilisateurs de l’arrière des cuisses en supta padangusthasana 1, notre orateur qui se promenait entre les rangs de tapis s’arrête à ma hauteur et tape du bout de son pied sur le haut de ma cuisse, en criant dans son micro et avec son charmant accent indien: “SKIN LOOSE, SKIN LOOSE!”

Rogntudjuûû, mais qu’est ce qu’ils ont tous avec mes gigots??!!”, j’ai d’abord pensé. Et puis, la pensée suivante a été: “Aaaah la délicatesse légendaire des profs de yoga Iyengar”. Enfin la pensée qui est venue beaucoup plus tard a été: “Quelle est cette vérité que je n’arrive pas à appréhender derrière ces remontrances peu délicates?” . J’avais déjà eu une remarque similaire et tout aussi peu subtile de la part de Bob notre examinateur. Puis d’autres presque hebdomadaires de la part de Christo notre formateur… Pourtant, je vous assure que je ne ménage pas mes efforts!

“Practice, practice and  all is coming”, comme dirait l’autre. N’empêche que moi, je ne sais pas comment m’y prendre.

Lecture

D’ailleurs cela me fait rebondir sur ce livre (Anatomy and Asana: Preventing Yoga Injuries) que j’ai acheté durant la convention et dont je prélève une citation au sujet de tadasana ici, et qui fait écho à l’énigme ci-dessus:

As a beginning student, I remember my teacher telling me that Tadasana was the foundational position of all yoga asanas. I have to admit, I thought she was crazy.<…> her tadasana teachings meant nothing to me. But I knew something were missing.<…> Still for a long time I had no idea what she was talking about. Then just a few years ago, I got it.<…>

Ce livre je l’ai acheté à la va-vite sur les conseils d’une collègue de formation déjà prof de yoga et qui le possédait déjà et je n’ai pas regretté. Il est disponible seulement en anglais mais comme il est assez simplement écrit c’est donc très facilement compréhensible.D’ailleurs j’ai déjà presque lu les deux tiers!

Le titre est “Anatomy & Asana” mais son accroche “Preventing yoga injuries” prête un peu à confusion parce qu’il y a assez peu de choses sur la prévention des accidents à part quelques conseils d’ordre général. En revanche tous ceux qui suivent une formation, et qui comme moi, n’avaient pas de connaissances au préalable et souhaitent approfondir, c’est vraiment un livre idéal qui couvre tout ce qui est nécessaire de savoir en anatomie en relation avec la pratique des asanas mais surtout sans rester superficiel.

Il se lit d’autant plus facilement que les termes anglais d’anatomie sont quasiment les mêmes que les termes français, empruntant au latin. J’aime beaucoup le format à l’italienne, les nombreuses illustrations, la mise en page et la reliure spirale. En somme un bon outil de travail pratique. Le livre peut rester ouvert à n’importe qu’elle page et toujours près de mon tapis.

Anatomy and Asana: Preventing Yoga Injuries

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Je n’arrive pas à croire que cela fait déjà presqu’un mois que je n’ai rien écrit sur ce blog. Non pas qu’il se soit passé des milliards de trucs mais 1) le temps passe vite 2) je t’avoue que mon nouveau “pencil” m’a causé quelques problèmes et que je n’ai pas sorti beaucoup de dessins, alors que mon petit carnet rouge regorge de notes qui menacent de partir aux oubliettes si je ne les met pas au propre rapidement. Et cette histoire de “touch pen” ne semble pas s’améliorer… Bref, je te jette en vrac quelques réflexions puisées ci et là dans mon petit carnet, histoire de rester en contact, dessin ou pas.

Prof de yoga et DJ

Ca t’amusera peut-être de le savoir, mais avant de faire ma rédemption par le yoga j’ai mené une vie double et dissolue sur la côte d’azur.
Avant de m’embarquer pour la Riviera Baltique, j’étais architecte le jour et DJ la nuit … Et ça marchait pas si mal que ça (surtout la carrière nocture).
Je te rassure tout de suite ami yogi puriste, je ne vais pas te proposer une playlist pour cours de yoga: comme toi je rejette (avec force) les cours avec musique…  alors pourquoi je te raconte ça? et bien parce qu’en préparant ma séquence de samedi prochain, cela m’a amusée de repenser au temps où je poussais des disques dans les clubs de la côte. Car un bon prof de yoga doit avoir les mêmes aptitudes qu’un bon dj qui prépare sa playlist avant la soirée.

Voici 5 des principaux commandements pour un bon DJ Set selon un magazine spécialisé, je te donne la traduction en “Yoglangue”.

1 – “know your tunes”
on pourrait traduire dans la langue du yoga “connais ton syllabus et sache l’enseigner”

2 – “know the crowd”
“connais tes élèves et sache jusqu’où tu peux aller”

3 – “plan your set in crates”
“divise ton cours en plusieurs parties”

4 – “plan your set 100% but have a plan B and be adventurous!”
“planifie ta séquence à 100% mais aies toujours un plan B et sois audacieux”

5 – “Use loops, effects, EQ and volume to add a spontaneity to planned sets”
“N’aies pas peur de changer le tempo et d’utiliser des variations spontanées à ta séquence”

Et puisqu’on parle de musique je partage ici une vidéo plutôt drôle d’une chanson Bolywood Y.O.G.A
moi, ça m’a mise de très bonne humeur surtout qu’ici le printemps ressemble plutôt à la fin du mois d’octobre!

Yogawood

Si tu me suis sur Facebook, tu as peut-être vu passer des dessins que j’ai fait pour des amis qui fabriquent du matériel de yoga en bois.
Je tiens à préciser tout de suite que je ne suis pas en train de faire de la pub ici, puisque si je reçois un peu de matos en échange de mes dessins pour leur site internet ainsi que pour leurs flyers, il n’a jamais été question de sponsoring ou de quoi que ce soit du genre.

Du matériel de yoga en bois enfin désirable

Je sais pour avoir acheté à la va-vite mon premier backbender ailleurs que chez Yogawood, que Johnny fabrique les props les plus jolies qui existent et ce n’est pas peu dire… Parce qu’entre nous, si je reconnais l’utilité des props, il faut quand même admettre qu’elles ressemblent parfois à des instruments de torture, non?
Alors la mission que Johnny s’est donnée, c’est de les rendre désirables. Voyez par vous même à cette adresse: Yogawood – Yoga equipment
c’est du très beau bois avec des assemblages sans métal, et le tout fabriqué avec amour en Allemagne du nord.

Yogawood-01-fb

Yogawood-02-fbah oui et en plus, il reverse 5 euros à la fondation Bellur pour chaque Backbender acheté!

A suivre dans l’article prochain la convention de Bielefeld.

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examen intermédiaire – Introductory

Tout est dans le titre: INTRODUCTORY LEVEL I

introductoryUn an et demi. Déjà.

Ce week-end a eu lieu notre examen intermédiaire. Même si c’était un examen informel (depuis le décès de Guruji, le système a changé, cette épreuve n’est pas discriminatoire), j’ai eu un peu le trac, étant donné que le dernier examen que j’ai passé remonte à 2001, lorsque je présentais mon travail de fin d’études devant jury et une bonne vingtaine de personnes. 15 ans donc que je ne m’étais pas retrouvée dans cette situation. Bien plus pour certains de mon groupe; ce qui a donné lieu a des brefs moments d’hystérie collective.

Numéro 10

En premier lieu, j’ai reçu le numéro 10 sur un autocollant à placer sur mon tapis afin que Bob, notre examinateur (un autre kid de Minneapolis), puisse prendre des notes sans avoir à connaître nos prénoms pendant que nous exécutions la séquence d’asanas du syllabus de base, au rythme des bips du chronomètre que ce dernier tenait et qu’il oubliait bien souvent d’arrêter après les 60 secondes réglementaires (mes cuisses ne le remercient pas).

Ensuite j’ai dû enseigner Ujjayi 2 et Virab 1. Je crois que ça s’est plutôt pas mal passé mis à part quelques remarques relatives à mon vocabulaire parfois fantaisiste d’émigrée, dans l’ensemble je ne me suis pas fait tirer les oreilles.

Yoga marathon

En bref: “up to the next level”! et pas fâchée de passer à autre chose même si on va pas toujours rigoler avec ce qui nous attend: étant donné que la séquence à exécuter pour le level II est sortie et voici ce que ça donne. Toujours 60 secondes par asana et par côté (à partir du moment où tout le groupe est rentré dans la pose) et 30 pour les postures d’équilibre (d’après ce que j’ai compris).

La séquence de Base II allemande

1 – Supta Baddha Konasana, classique
2 – Supta Padangushthasana I + II
3 – Baddha Konasana (assis droit)
4 – Upavistha Konasana (assis droit)
5 – Dandasana
6 – Adho Mukha Svanasana
7 – Uttanasana, version concave et finale
8 – Tadasana
9 – Gomukhasana en Tadasana
10 – Vrksasana
11 – Utthita Trikonasana
12 – Utthita Parsvakonasana
13 – Parighasana
14 – Virabhadrasana II
15 -Ardha Chandrasana
16 – Padangusthasana, version concave et finale
17 – Utkatasana
18 – Utthita Hasta Padangushthasana I
19 – Virabhadrasana I
20 -Virabhadrasana III
21- Parvritta Trikonasana
22 – Parivritta Parsvakonasana
23 –Parsvottanasana, classique
24 – Prasarita Padottanasana I, version concave et finale
25 – Salamba Sirsasana au mur
26 – Sirsasana avec les cordes
27 -Malasana,niveau I
28 – Virasana et Parvatasana en Virasana
29 – Triang Mukhaikapada Paschimottanasana
30 – Marichyasana I, torsion et flexion avant
31 – Janu Sirsasana, version concave et finale
32 – Paschimottanasana
33 – Urdhva Prasarita Padasana 90°
34 – Paripurna Navasana
35 – Ardha Navasana
36 – Baradvajasana I (versin finale)
37 – Bharadvajasana II
38 – Marichyasana III
39 – Ardha Matsyendrasana I, avec support
40 -Supta Virasana, classique
41 – Urdhva Mukha Svanasana
42 – Chaturanga Dandasana
43 – Salabhasana
44 – Makarasana
45 – Dhanurasana
46 – Bhujangasana I
47 – Ustrasana
48 – Urdhva Dhanurasana avec chaise
49 – Dvi Pada Viparita Dandasana au mur – pieds élevés
50 – Setu Bandha Sarvangasana
51 – Chatuspadasana
52 – Salamba Sarvangasana
53 – Eka Pada Sarvangasana
54 – Parsvaikapa Sarvangasana
55 – Supta Konasana
56 – Parsva Halasana
57 – Halasana, orteils au sol
58 – Karnapidasana
59 – Setu Bandhasasana (depuis sarvangasana)
60 – Savasana avec bandage

Oui, cher lecteur, tu as bien lu: 60 asanas à “performer” non stop.

Règle de trois

J’ai fait mon petit calcul: environ 100 minutes d’asanas sans compter le temps qu’il faut pour rentrer dans les postures. Si l’on compte environ 30 secondes en moyenne pour sortir et rentrer dans les postures pour tout le groupe, il faut ajouter 30 minutes. C’est à dire 130 minutes, ce qui me semble être encore bien loin du compte puisqu’il nous a fallu environ deux heures pour les 32 asanas du syllabus de base…

En revanche si je fais une simple règle de trois, il nous faudra environ 225 minutes, c’est à dire 3 heures et 45 minutes, en d’autres termes le temps qu’il faut pour un bon coureur afin de finir un marathon!!  Je me demande quand même si c’est aussi comme ça ailleurs qu’en Allemagne…

WTF.

Et comme si ça ne suffisait pas, il nous faudra aussi enseigner un des pranayamas suivants:

  • Brahmari Ia + Ib, IIa + IIb

et enseigner

  • Salamba Sirsasana en mode individuel
  • Salamba Sarvangasana en mode individuel
  • 1 Asana du sullabus Introductory I (6 minutes)
  • 1 Asana du syllabus Introductory II (6 minutes ou les deux en bloc de 12 minutes)

Quand je pense qu’en plus je fais ça de mon plein gré!

 

lire l’article sur la certification BASE II

devenir professeur de yoga iyengar…

 

Des news:

Le début de cette année est un peu difficile chez nous sur le plan financier et personnel.. Quand les deux partenaires envisagent de faire des virages à 180° professionnellement et ceci en même temps, c’est parfois galère.

Début Janvier, je m’étais donné comme objectif de commencer à enseigner afin de mettre en pratique ce que j’apprends en formation. J’ai essayé en vain de louer une salle pour quelques heures hebdomadaires, afin d’y donner un cours matinal… Mais ç’a été le parcours du combattant et pour rien à la fin. Déception.

Depuis mon dernier article, pas tellement de matière à dessiner pendant les séminaires de formation. Comme nous aurons notre examen intermédiaire au mois d’avril, on passe beaucoup de temps à répéter tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. Beaucoup d’inertie.

Encore Tamas

Le temps des critiques (de l’autocritique)

Mais dire que je n’ai pas du tout dessiné serait faux. Disons que je n’ai pas tout publié. Ceux qui suivent ce blog régulièrement savent qu’il contient des articles protégés par un mot de passe qui contiennent d’autres dessins.

mise au point

Je me permet de faire une mise au point à cet égard car je reçois beaucoup de messages de lecteurs qui voudraient savoir comment accéder à cette partie protégée du site:

Les articles non accessibles contiennent mes notes d’assistance. Ce sont généralement les séquences de mes profs et mes notes prises sur le vif . Elles sont un peu en vrac, partiellement rédigées en allemand et sont donc peu compréhensibles pour qui n’était pas en cours. De plus j’y vois un autre aspect qui m’interdit de les publier: établir une séquence en yoga Iyengar est un véritable travail: éthiquement, je ne souhaite pas publier le fruit du travail des autres, sans leur permission explicite.

Revenons donc à nos moutons: la dernière semaine de février nous avons fait en cours avancé une séquence restorative à grand renfort de matériel et de constructions improbables et avec bandage sur les yeux pendant deux heures. C’était magnifique. Très enthousiasmée, j’ai tout de suite retranscrit le tout en dessins et l’ai fait parvenir à mon prof en signe de gratitude. Comme il est très gentil, il m’a gentiment remerciée. Mais comme c’est aussi un excellent prof, il m’a fait remarquer tout ce qui n’allait pas dans mes croquis avec un sous commentaire du genre : “tout ça c’est très bien intentionné, mais attention à ce que tu publies! toute la petite communauté Iyengar voit tes dessins sur les réseaux”… Oups, ça me rappelle quelquechose… Bref, j’ai corrigé mes dessins, et ils ont à présent utilisés comme illustration pour le calendrier des cours de notre studio! yeah.

pratique récupérative
les horaires des cours au centre de yoga Iyengar de Hambourg

“Who is your teacher?”

Il m’est donc apparu clair que je ne peux continuer de me dédouaner seulement en arguant que ce blog contient un “avertissement” en pied de page (faire défiler cette page jusqu’en bas pour voir). Car je sais que lorsque je publie un dessin, il est largement partagé sur les réseaux sociaux et ailleurs. Et le public non francophone n’aura peut-être pas pris connaissance de cette note… Par ailleurs, je ne veux pas faire de tort à mes profs, après tout je suis un peu le produit de leur travail.
Mais je ne veux pas arrêter de partager mon travail. Car ça m’amuse beaucoup, c’est évidemment gratifiant (ô Ego, quand tu nous tiens!). Surtout, c’est une bonne motivation pour continuer à dessiner. J’ai donc décidé d’apposer un avertissement (en anglais / français) sur tous les nouveaux dessins (un peu comme sur les paquets de clopes, quoi) et créer une page “disclaimer” sur le site… Ce qui n’est pas encore clair en revanche, c’est ce que je vais écrire. J’y réfléchis encore.

Base 1

Notre examen intermédiaire approche, c’est dans deux semaines avec Bob notre examinateur. Avec le decès de Guruji, pas mal de choses ont changé et jusqu’à il y a encore quelques jours, nous ne savions pas vraiment ce qui nous attendrait, c’est maintenant clair:

la totale quoi.

La dernière semaine de formation qui vient de s’achever me laisse confiante quant à la pratique mais quant à l’enseignement, je trouve que c’est encore trop tôt pour nous tous.

Inchallah.

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