Yoga et ski Si vous faites du ski, vous le savez: ce n’est pas une activité super-compatible avec le yoga. En effet, il suffit d’une ou deux journées passées sur les planches – sans avoir fait d’étirements, pour se retrouver aussi raide qu’un bout de bois. Je reviens tout juste
Par où commencer? Déjà, peut-être en vous présentant tous mes vœux pour cette nouvelle décennie ! Deux ans nous séparent du dernier article (sérieux) rédigé sur ce blog, et depuis…. que de choses se sont passées ! Alors bilan:   2019, l’année des cheveux blancs 2019 fut une année aussi

Yoga pour le dos : Notes de séminaire de formation des enseignants de yoga Iyengar:

Pendant ce week-end de formation notre prof ne s’est pas étalé sur les asanas du syllabus introductory, il a choisi de s’intéresser à des exercices de yoga du dos, et pour le renforcement musculaire du tronc. Et c’était pas juste théorique !

exit le “six-pack

Ce n’est pas un secret, les exercices de renforcement musculaire du dos ne suffisent pas à garantir la bonne santé de la colonne vertébrale. La tonicité musculaire de la sangle abdominale en est la clé, car en stabilisant le tronc, de bons abdos contribuent au maintien de la région lombaire.

Il s’agit donc de renforcer les “abdominaux profonds” aka le transverse et les obliques et pas en faire des tonnes avec les tablettes de chocolats (le grand droit) qui augmentent la pression sur le plancher pelvien et qui en se raccourcissant par l’exercice sont responsables de l’affaissement de la poitrine vers le bas: donc pas du tout ce que l’on cherche en yoga Iyengar!

abdominaux

Voici donc ci-dessous le programme que nous avons suivi samedi – sans pause.

yoga du dos

Renforcement des muscles transverses: 

  • Planche bras tendus ou bien sur les avant-bras
  • Navasana / Ardha Navasana
  • Pavanmuktasana – en montant la tête et le haut du tronc vers le genou
  • toutes les formes de jathara parivartasana
  • on pourrait ajouter à cette liste: Urdhva Prasarita Padasana

Renforcement des muscles obliques: 

  • Vasisthasana – bras tendu ou sur les avant-bras
  • passer en dynamique de virabhadrasana 2 à Parsvakonansana ou
  • de utthita parsva padasana en trikonasana

Renforcement de la face postérieure du tronc: 

  • Purvottasana
  • Bhujangasana sans les mains
  • salabasana / makarasana

Edit Janvier 2020:

Yoga du dos à Nice

Depuis novembre dernier, nous proposons des cours d’ostéo-yoga au Super-Studio de Nice quartier Libération. Dans ces cours, nous nous abordons naturellement les exercices de renforcement musculaire du tronc esquissés plus haut, mais nous nous concentrons également sur deux autres aspects qui contribuent à la bonne santé de votre colonne vertébrale: relaxation et étirements.

tous les renseignements sur des cours de yoga pour le dos 

yoga-pour-le-dos

Alors que la nouvelle année a commencé, je reviens tout doucement m’occuper de ce blog dont le dernier article date de l’après certification…

Que de temps a passé! Depuis exactement un an, je n’ai plus rien écrit ici.
Ce n’est pourtant pas qu’il me manque de choses à raconter. Mais c’est que depuis décembre 2017, beaucoup de choses ont changé dans ma vie.
Entre le fait que mon occupation principale soit à présent l’enseignement du yoga et que je sois retournée sur ma terre natale à Nice; il y a aussi eu ce travail d’illustration qui m’a fortement occupée jusqu’à la veille de l’été dernier… et puis la rentrée des classes, les cours, la pratique et tout le reste.

Voilà donc ma bonne résolution pour 2019: reprendre le fil de ce journal…

D’ici là je vous fait part de mes vœux pour cette année 2019. Que votre pratique apporte la lumière tout autour de vous! Et à ce titre , je me permet ici de renouveler mes vœux de bodhisattva:

Puissé-je libérer tous les êtres de leurs difficultés,
Puissé-je éradiquer toutes les passions,
Puissé-je maîtriser tous les dharmas,
Puissé-je conduire tous les êtres à la bouddhéité.

L’examen de certification (introductory) pour de devenir professeur de yoga Iyengar a eu lieu il y a maintenant presqu’un mois..

“sequence menstruation” pour gros rhume

En plus d’avoir pratiqué assidument, je n’ai rien laissé au hasard. En ce début d’automne je tournais déjà à la vitamine C sur-dosée et à l’extrait de pamplemousse (histoire de ne pas choper les infections toutes droit sorties du bouillon de culture qu’est le jardin d’enfant de mon fils). Je n’ai plus chevauché mon vélo, par peur des courants d’air. Je me suis fait massée les zones encore tendues dans les jambes. Mon ostéo de mari m’a fait craquer encore et encore deux vertèbres thoraciques réfractaires. Enfin j’ai voulu perdre deux kilos (également réfractaires) pour me sentir un poil plus légère et faire de meilleures torsions.

En dépit de tout cela, je suis restée au même poids et j’ai été enrhumée à J-10. Et malgré l’arsenal d’huiles essentielles et autres remèdes de grand-mère, je n’ai pas vu d’amélioration. Jusqu’au moment où j’ai décidé de lâcher-prise et rester deux jours au chaud avec une pratique minimale et restorative.

Je me suis donc présentée à l’examen pas super en forme. Mais à l’instant T, je n’ai plus rien senti à grâce à l’adrenaline.

Bref, (roulement de tambours…) j’ai passé et réussi mon examen (…carillons et trompettes) !
Pour qui ne connait pas la méthode Iyengar, cela fait de moi une prof de plus de yoga.

Mais permettez moi de mettre quelques points sur les i, parce que je crois que je n’ai jamais relevé un défi pareil dans ma vie.

Formation de base pour devenir professeur de yoga Iyengar

Si la plupart des profs de yoga ont une formation de 200 ou 300 heures; la formation de base pour devenir professeur de yoga  Iyengar dure 3 ans et se répartit en week-ends et semaines intensives de pratique, comptant en tout 1000 heures de pratique en groupe. Ceci sans compter les heures de pratique personnelle requises et consignées par les élèves dans un cahier d’étude, celles prises auprès d’un prof certifié et les heures d’assistance (encore environ 1000 heures).
NB: ceci est vrai pour l’Allemagne

La formation n’est qu’un pré-requis pour se présenter à l’examen. A condition que l’on y soit prêt et que votre prof/mentor donne son accord signé.

Cet examen fait l’objet d’une véritable légende urbaine qui raconte que, physiquement, c’est aussi difficile qu’un marathon et que mentalement, c’est une véritable mortification, tant les examinateurs sont sévères.

L’examen de base II

Ram fabrique des couronnes de rose pour Guruji

L’examen se déroule sur une journée entière.
Le matin les élèves pratiquent les asanas du syllabus au rythme du chronomètre.
L’après-midi, chaque élève reçoit deux postures à enseigner à un petit groupe d’élèves, en plus de sarvagasana et sirsasana, le tout chronométré et devant des examinateurs plutôt tatillons.

Ici nous avons eu la chance de recevoir des pointures nationales comme examinateurs.
En tout il y avait 6 examinateurs pour 9 élèves! Et malgré le prorata important examinateur/élève, je les ai à peine remarqué pendant la pratique du matin.
Peut-être parce que mon tapis se trouvait au centre d’un carré de neuf personnes? Ou bien parce que j’étais terriblement absorbée par ma pratique?
Ou peut-être tout simplement parce qu’ils étaient très bienveillants à notre encontre (et même souriants!).

mon tapis au centre, et tous les copains autour!

Après une brève présentation de tous les participants nous avons chanté l’ode à Pantanjali. Notre modératrice à commencé à égrener le nom en sanskrit des 64 postures de notre syllabus. Nous les avons exécutées une après l’autre, tandis que les examinateurs tournaient en silence autour de nous avec leurs petits carnets de note. Après presque 3 heures de pratique sans interruption (on parle bien d’un marathon), les postures à enseigner sont tombées: pour moi Parsvakonasana & Bharavadjasana 2. J’ai été déstabilisée par ma deuxième asana.. certainement la seule posture que j’ai le plus négligée dans ma pratique.

Classique.

Observer les élèves et être présent

Bharavadjasana
Bharavadjasana 2 – “light on yoga”

Évidemment je n’ai pas été en mesure de terminer d’enseigner le premier côté de la posture. Car avec 9 élèves “normaux” et une posture avec une jambe en lotus, j’ai passé près de la moitié du temps imparti (6 minutes par posture) à corriger et donner le matériel nécessaire à chacun.

Je dois admettre que j’ai été un poil vexée qu’un examinateur m’interrompe pour me dire d’aller plus vite et d’enseigner le côté gauche, alors que je m’affairais à garder indemnes les genoux de mes élèves!
Alors je me suis dit que de ne pas céder à la panique et s’occuper des élèves est certainement une compétence qu’il faut avoir en cours. Et malgré le regard troublé de mon formateur et les points d’interrogation dans les yeux des élèves: je ne me suis pas démontée et j’ai (relativement) calmement continué à donner aux élèves ce dont ils avaient besoin et continué d’enseigner le côté droit jusqu’à la sonnerie du chrono… et je crois bien que ç’a payé (note à l’apprenti prof: ne crois pas que je t’encourage à contredire tes examinateurs!).

Enfin, l’après midi s’est achevée avec l’enseignement de Salamba Sarvangasana et Salamba Sirsasana, en situation de cours particulier – avec un seul élève et 6 examinateurs dans le dos (sic).

Après cette longue journée, nous savions qu’il faudrait attendre la sacro-sainte lettre, pour savoir si l’on serait admis ou pas. Dans tous les cas, on a fêté ça.

Et puis le résultat est arrivé, et ce que je n’ai pas vu venir, c’est la fatigue accumulée et la dépression post-partum. Qu’allais je devenir maintenant, sans mes semaines de formation? sans filet? moi toute seule et ma pratique? j’ai été sévèrement déprimée pendant quelques jours. Il faut dire que l’automne hambourgeois ça n’aide pas (je te rassure cher lecteur, ça va mieux, là).

“You need to learn again and again”

Alors voilà, tout cela a l’air bien rude, c’est vrai. La formation pour devenir professeur de yoga Iyengar est longue et rigoureuse. Mais c’est précisément cette rigueur qui fait la qualité de cette méthode. Et je suis heureuse de faire partie de ceux qui ont le privilège de pouvoir l’enseigner.

Pendant ces 3 années, j’ai appris à me discipliner et à développer une pratique personnelle consistante et régulière. Je pense sincèrement, que c’est le cœur même de cette formation. Sans pratique personnelle, impossible d’intérioriser l’essence des postures et pranayamas. Et sans maintenir cette relation “intime”, comment enseigner?

Pendant ces 3 années, j’ai aussi appris à connaitre la culture familiale des Iyengar, et j’éprouve une reconnaissance grandissante pour la descendance qui continue de transmettre la méthode léguée par Guruji sans dogmatisme et sans jamais faire de concessions mercantiles (il n’y a qu’à faire un saut à Pune pour s’en convaincre), alors que – soit dit en passant – partout dans le monde les formations de yoga n’ont jamais été aussi nombreuses et lucratives pour ceux qui les donnent.

Pendant ces 3 années, j’ai surtout compris que l’apprentissage ne serait jamais terminé. Et j’ai encore du mal à réaliser que je suis désormais “prof” et je commence à peine à prendre conscience de la responsabilité que cela signifie..

Je resterai à tout jamais une humble wanabee 🙂

Enfin je me permet ici de conclure avec une citation de Geetaji au sujet des certifications:

Guruji said, “I’m certifying you”. This means that now your eyes should be open. Certification is given to you because you can see. Now that your eyes are open, you are able to find out: What you are spreading is not just spreading words.
Political campaigns may use words as propaganda – this is a different kind of thing. You are not just propagating words. Instead, the right things need to be done; so, you need to learn again and again.

BKS Iyengar

relire l’épisode précédent:  40 jours avant l’examen de certification

ou revoir l’intégralité de l’examen intermédiaire BASE 1

Long time no see, comme on dit… Il faut dire que depuis mon dernier article il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie privée qui m’ont un peu bousculée (rien de fatal, alors je vous épargne les détails). Donc je n’ai pas eu le loisir de me consacrer à ce journal. Pourtant, le temps passe et la date fatidique de l’examen final de certification approche… Cette date qui, par ailleurs, rendra l’objet de ce blog peut-être un peu obsolète…

Le 12 Novembre: examen de certification.

Avec l’obtention de ce certificat, est-ce la fin de ce blog? je ne le sais pas encore… en tous les cas, faut-il encore que je réussisse!

Ce qui est sûr c’est qu’il me tarde d’en avoir terminé avec cette très très longue formation, même si avec l’examen de certification j’appréhende aussi un peu sa fin. Pour l’instant je me sens soutenue dans ma pratique. Grâce à la motivation du groupe et par la structure même de la formation: entre les devoirs, les examens écrits, les semaines et week-ends de formation et la pratique avec les collègues. Mais quid de l’après certification? arriverai-je à maintenir une pratique durable sans carotte (autrement dit “vairagya”) et surtout sans me faire dépasser par le train-train quotidien? Ce qui est sûr c’est qu’après l’examen, c’est le grand saut.

Bref, une bien longue introduction à ce post qui se veut surtout être une “update” depuis le dernier article de début juin. Ne vous attendez donc pas à y trouver des nouveaux dessins/notes de séminaire. C’est pas que j’ai chômé, au contraire, mais je ne peux pas vraiment publier les dessins pour le projet de livre dont je parlais précédemment (mais je vais quand même le faire, histoire de pas perdre mon lectorat).

Bien. Où en étions nous restés? fin mai, je célébrais mon succès à l’examen d’anatomie. Et en ce début du mois d’octobre, je me sens libérée d’avoir passé l’écrit de philosophie… un véritable challenge pour quelqu’un dont l’allemand n’est pas la langue maternelle.

Le sommet du yoga contre le G20

Mais entre l’anatomie et la philosophie,  il s’est évidemment passé beaucoup de choses palpitantes que je n’ai pas relatées ici et que je vais résumer ci-dessous pour mémoire.

Si vous me suivez sur FB ou sur instagram, vous n’avez pas pu louper quelques vidéos de #bridgestohumanity, une manifestation pacifique des yogis de Hambourg en réaction au sommet du G20. J’ai eu le privilège de guider les salutations au soleil à 600 yogis rassemblés sur un pont au dessus de l’Alster à 7 heures du matin. Si vous voulez rigoler, vous pouvez me voir dans cette vidéo parler en Allemand a télé locale.

[su_youtube url=”https://www.youtube.com/watch?v=sD37RYGY1mE”]

Pour en savoir plus sur cette initiative #bridgestohumanity

Sneak Peak

Les semaines qui ont suivi et avant mon départ pour les grandes vacances annuelles dans la famille à Nice, j’ai bien avancé mon boulot d’illustration, et n’étais pas peu fière de mon mur aimanté au bureau:

Day 2 – running out of magnets . . . #yoganotes #yogasketch #yogadrawing #iyengaryoga #yogabook

Une publication partagée par Fanny (@iyengaryoganotes) le

Et puis la langueur estivale a eu raison de mes bonnes dispositions. La reprise a été si rude que je n’ai pas eu beaucoup de temps pour les dessins et pour ce blog. En fait, c’est aussi une des raisons pour lesquelles il me tarde de finir la formation. Avoir enfin plus de disponibilité pour ce projet.

Vacances à Nice

Comme chaque été, je suis à Nice pour les vacances. Et comme chaque année c’est la période où l’institut de yoga Iyengar est fermé. Mais cette fois-ci j’ai eu un peu plus de chance et j’ai pu assister, avant la fermeture annuelle, à deux cours donnés par des élèves de Christian Pisano dans la belle salle chaleureuse aux murs lambrissés de bois. J’ai été très impressionnée par mes deux profs !

J’ai aussi eu l’occasion de travailler avec Ophélia, et je ne la remercierai jamais assez des très bons conseils et des encouragements qu’elle m’a encore donnés pour l’examen.

Bob

préparation à l'examen de certification
là je me fais corriger en parvrtta trikonasana pendant environ 30 minutes (temps ressenti).

Et puis, la rentrée à Hambourg. Enchainée directement, la semaine de formation avec Bob. C’était intense mais comme la dernière fois. On a encore appris beaucoup de choses très précieuses et en plus dans la bonne humeur. Contrairement à mon habitude, j’ai pris beaucoup de notes pendant les cours, mais je n’ai rien mis au propre.

 

Une publication partagée par Fanny (@iyengaryoganotes) le

yoga.wasser.klang

Enfin, mi-septembre,  j’ai participé comme prof au festival “yoga.wasser.klang“. C’est un tout petit festival qui réunit artistes, musiciens et yogis locaux (ici pas de superstar californienne du yoga), loin des clichés de “wanderlust” et autres festivals hyper commerciaux. J’ai donc eu l’occasion de donner un cours en plein air, accompagnée par une harpiste. C’était un peu décalé pour une yogi Iyengar. Mais aussi très chouette de sortir de son cadre – parfois rigide – et avoir l’occasion rencontrer des yogis venus d’autres univers.

Conclusion

Il me reste 40 jours pour être prête, to-do list:

– éviter de s’éparpiller
– surtout ne pas se blesser
– et ne pas tomber malade
– ne pas avoir ses règles le 12 novembre
– pratiquer !!!

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Je n’ai plus rien écrit sur ce journal depuis notre retour de Pune. Pourtant c’est pas que j’ai chômé.

Au contraire.

Atelier “Best or Pune”

Alors par quoi commencer? Peut-être, tout simplement dans l’ordre chronologique. Si vous me suivez sur Facebook, vous avez peut-être vu passer le flyer pour un mini-workshop que mon amie Claudia et moi avons donné à la suite de notre voyage en Inde: “best or Pune” qu’on l’a intitulé.

best-of-pune-flyer

Tout inspirées que nous étions par Abhijata, le workshop portait sur 4 points qui sont revenus tout au long de la semaine intensive. Dont celui illustré ci-dessus, et qui attire l’attention sur la longueur égale des 4 côtés du tronc.

Nous avons eu 14 élèves et parmi eux des profs. Alors on a eu un peu le trac mais pour un premier atelier on était plutôt contentes de nous 🙂

best-of-pune-fanny-claudia
Ça c’est moi en salamba sarvangasana

Prof remplaçant

Et puis en février et mars, j’ai fait le remplacement intégral d’une amie prof de yoga depuis 20 ans. Ainsi j’ai donné beaucoup de cours pendant deux mois…  J’ai donc pu me rendre compte ce que signifie d’enseigner le yoga à plein temps! Je ne vais pas mentir: j’avoue que ma pratique personnelle en a pâti… Ce fut donc une bonne expérience de se confronter à la réalité du job, et d’observer que je n’ai pas encore la maturité nécessaire pour enseigner autant sans compromettre ma propre pratique. Alors piano piano.

En fait c’est ce que je trouve génial dans la formation Iyengar, qu’on pourrait résumer ainsi: c’est 3 ans pour apprendre à avoir une pratique personnelle conséquente et stable.

Et franchement, dans quelle autre formation apprend t-on cela?

Examen d’anatomie

Et puis avec  le mois de mai approchant, j’ai commencé à me stresser à cause de l’examen d’anatomie. Et oui, ici l’exam d’anatomie c’est à l’écrit et il y’a beaucoup beaucoup de choses à savoir. Donc double difficulté pour moi: 1) je n’ai jamais appris l’anatomie dans ma vie précédente 2) il faut répondre à l’écrit et en allemand à 6 questions en 4 heures.

À la mi-avril, je me suis donc isolée à Nice dans la maison familiale pendant une semaine. Et ma mère – trop heureuse de me voir bachoter comme au bon vieux temps – ne m’avait pas aussi bien chouchoutée que depuis le bac.

bachoter l'anatomie dans un cadre pas dégueu
Nice au printemps

J’en ai évidemment profité pour prendre un cours chez Ophelia, qui a bien pris le temps d’observer mes omoplates, et  m’a donnée des bonnes pistes d’amélioration.

Une semaine de bachotage ne suffit pas à faire rentrer tout ce qu’il faut apprendre dans le ciboulot. C’est pourquoi je me suis encore isolée quelques jours. J’ai profité du week-end de l’ascension pour me rendre à Sisieby, dans la maison de vacances de la belle famille, et le printemps au nord de l’Allemagne ça ressemble plutôt à ça.

fny-sisiebye
Fin avril, il fait bon

Bref tout ça pour dire que le 6 mai j’ai passé mon exam et vu comment j’avais bossé, j’ai réussi. Ouf.

Prochaine etape: philosophie. Et ça aussi c’est à l’écrit.

iyengar-trainees post anatomie
Déjeuner post exam avec ma promo

projet livre

Enfin, “last but not least” ce qui m’a énormément occupée (et maintenant je peux l’annoncer, car c’est officiel) c’est que je travaille sur le projet d’un livre dont je fais les illustrations et la mise en page. C’est un très gros chantier en collaboration avec l’association allemande de yoga Iyengar. Vous avez d’ailleurs peut-être vu passer quelques photos du making-of sur Instagram.

layout-research

parsva-dandasana-sketch

bharavadjasana-sketch

C’est un rêve qui devient réalité! Et comme les bonnes choses n’arrivent jamais seules, j’ai la chance et le privilège  de pouvoir occuper un bureau dans mon studio de yoga préfèré, chez mes amis d’Y8 qui avec cette proposition me soutiennent dans mon travail. C’est un endroit vraiment magnifique où je peux me concentrer et à la fois aller pratiquer dans la magnifique salle à côté, ou sur le toit!

fnyogi-workplace chez Y8

Enfin, je suis arrivée aujourd’hui à Bochum pour la convention annuelle de yoga Iyengar où Zubin enseignera de nouveau cette année. La suite donc, au prochain episode.

 

.Attention menstruation

Avertissement aux hommes: attention, on va parler “menstruation” (alors si t’es pas prof de yoga Iyengar ou si tu n’as pas de curiosité particulière pour la chose (les règles)  – tu peux interrompre ta lecture ici.)

Week-end de formation spécial pratique féminine

Durant la dernière semaine de formation en octobre, nous avons reçu la visite d’une prof invitée pour parler de la pratique des femmes aux différents stades de son cycle et de sa vie (menstruation, pré-ménopause, ménopause).

Car les règles touchent ou ont touché une personne sur deux. C’est un phénomène aussi naturel que manger ou dormir et sans lequel il n’y aurait pas d’espèce humaine… Mais la pudeur pose une  sorte de chape de plomb sur la douloureuse question des règles.

Alors, c’était tout bonnement incroyable de se retrouver parmi 18 personnes dont 3 hommes à parler ouvertement et sans tabous de tout ça… une sorte de parenthèse hors de la vie de tous les jours, où le sujet est peu abordé aussi bien en public qu’en privé.

Avoir ses règles le jour du cours de yoga…

Dans tous les cas si vous pratiquez le yoga Iyengar, vous savez que la question fatidique se repose à presque chaque cours. “Est-ce que quelqu’une a ses règles?”. Ça met souvent les élèves dans l’embarras – surtout les nouvelles –  qui trouvent la question incongrue et parfaitement hors sujet dans le contexte d’un cours collectif.

rhâgnagna
C’est comme ça que tu vois ton partenaire quand tu es en plein PMS (Pre-Menstrual-Syndrom)

Les règles sont à l’origine de nombreux maux et désagréments divers que l’on ne finit plus de compter… Alors les filles souffrent en silence pendant 30 ou 40 ans. Le yoga (bien pratiqué) permet de soulager pas mal de maux liés aux cycles menstruels. C’est donc bien dommage que beaucoup de yoginis continuent d’ignorer les fluctuations liées aux cycles auxquels elles sont soumises. Poussées qu’elles sont par le diktat de la société de performance… D’ailleurs, je suis toujours surprise de voir qu’en cours certaines “women in periods” (comme on les appelle à Pune), sont toujours incommodées d’être identifiées comme telles et mises à l’écart pour la pratique de certains exercices, et par certains profs parfois carrément mises en “quarantaine”.

Pourtant nous devrions être reconnaissantes qu’enfin une discipline ait intégré cette prise en compte de notre nature même de femme. Et qu’on nous propose des exercices spécialement adaptés. Mais nous les occidentales, nous voudrions être au top de la performance chaque jour du mois, au boulot, a la maison et bien sûr en cours aussi… Et c’est bien cela qui est désespérant, alors que la pratique du yoga est censée nous reconnecter à notre corps. Les filles continuent de ne pas mentionner qu’elles sont indisposées, par pudeur ou pire par ignorance! (mais c’est heureusement en train de changer dans le domaine du sport, voir l’article sur la courageuse nageuse chinoise Fu Yuanhui)

Fu Yuanhui: “c’est parce que j’ai eu mes règles”

Fu Yuanhui l'athlète qui pale des règles sans tabou

 

Lors des jeux olympiques de Rio en 2016, La nageuse chinoise Fu Yuanhui a déclaré publiquement n’avoir pas été performante parce qu’elle avait ses règles le jour de la compétion olympique. Elle a eu le mérite d’ouvrir le débat publiquement dans le milieu du sport de compétition où la question est tout simplement ignorée.

Lire l’article du Monde sur le sujet

Aménorrhée a Pune

À ce sujet, il faut que je relate ici un incident survenu à la suite de mon séjour à Pune. J’espère que cela vous fera réfléchir si vous êtes de celles qui éludent encore le sujet en cours.

Quelques jours après la semaine intensive avec Abhijata à Pune, je devais avoir mes rhâ-gnagnas. C’est à dire les derniers jours avant notre départ pendant lesquels nous avons eu la chance de prendre des cours à l’institut. Pour notre dernier cours, on nous a assignées à la “women’s class” donnée par Sunnitha.

Women’s Class

Je me disais que ça tombait bien, puisque j’allais avoir mes règles, de pratiquer en douceur à la fin d’un séjour intense. Sauf que la fameuse women’s class c’est super balèze. Après une heure de postures debout, on a fait à peu près trois quart d’heure d’inversions…

Bon j’étais en retard d’un ou deux jours peut-être.. Mais officiellement je n’avais pas mes règles, donc pourquoi se priver de tout faire avec les autres? Je n’avais auparavant jamais pratiqué des inversions pendant aussi longtemps. 20 Minutes de sirsasana et autant sinon plus de salamba sarvangasana. Après le cours j’étais comme sonnée. Spaced out. Pour le restant de la journée.

Donc pour faire court, après cela mes règles ne sont jamais venues… J’ai carrément sauté deux cycles, si bien que fin janvier j’ai même pensé être enceinte! Je tiens à préciser que cela ne m’est JAMAIS arrivé auparavant, en principe je suis réglée comme une pendule. Et si rien ne prouve la relation de cause à effet, je suis intimement convaincue que je n’aurais jamais dû suivre le cours “normal” en sachant que j’aurais dû avoir mes règles ce jour là.

Accueillir en douceur

Depuis donc que mes règles sont revenues, je m’en tiens strictement au programme de Geeta (voir encadré ci-dessous). Pour la pratique pendant les règles, tout du moins les premiers jours, mais surtout avant si je constate que je suis un poil en retard.. Je me tiens alors à une pratique recupérative pour ne pas les faire fuir cette fois ci!

pratique pendant les règles menstruation
Supta Badass !

Ma posture favorite en ces temps-là est tout naturellement “Supta Baddha Konasana Super Custom“, telle que je l’ai décrite dans un article sur le journal de Bakchichbaba.

Ci dessus l’illustration, et ci-dessous la fameuse “série menstruation” de Geeta.

Ressources

partique pendant les règles menstruation

 

Notes sur Pune

Notre arrivée

Notre séjour à Pune est passé très vite et je n’ai pas eu le temps, sur place, de mettre au propre mes notes et impressions. Ci dessous quelques réflexions sur le profil de ville de Pune. Rien sur le yoga (il faut que je digère un peu :))

Il nous a fallu presque 3 jours pour être complètement à l’heure indienne: pour s’adapter à l’hiver indien. Ici il fait plus ou moins 30 degrés de plus qu’à Hambourg. Nos corps se sont vite habitués, de sorte qu’on arrive même à trouver les soirées légèrement fraîches ! Après quelques jours comme sur un nuage (être à la Mecque du yoga!) je commence finalement a m’interroger sur la ville . Attention c’est l’architecte qui prend la plume et non pas la yogini.

Nous résidons dans la chambre d’une villa d’un quartier très très privilégié. Ce n’est pas tout à fait à côté de l’institut, donc il faut prendre un rickshaw ou un taxi chaque fois que nous devons nous y rendre. Ce trajet d’environ 15 à 20 minutes de sorte que l’on peut de prendre le pouls de la ville. De notre appartement jusqu’au centre, pas un bidonville sur la route. On a vu des vaches sur le chemin, et un ou deux enfants qui mendient dans la rue… Mais dans l’ensemble pas de mourants sur les trottoirs, comme j’aurais pu m’y attendre vu les descriptions qu’on m’avait fait. Au contraire, une vie grouillante, énormément de circulation, beaucoup de pollution et de la poussière partout. Des échoppes colorées le long des routes, des universités, des écoles, et enfin beaucoup de végétation.

krantishouse à Pune
notre résidence à Pune, dans les quartiers chics

Une ville qui semble être le reflet de la fulgurante croissance indienne.

J’ai appris que Pune est un pôle de formation et une ville universitaire qui attire de nombreux jeunes gens. C’est aussi la “Detroit de l’Inde“: par exemple des constructeurs automobiles comme Tata, Fiat, Chrysler et Volkswagen y ont leurs usines .La ville est aussi un hub important pour les entreprises de télécommunication qui s’y sont massivement implantées profitant d’un climat économique favorable, de la proximité avec Mumbai et du fait que la pression immobilière n’y est pas si élevée.

D’ailleurs, sur la route, ce qui a tout de suite attire mon attention, c’est qu’un panneau publicitaire sur deux fait la promotion de grands ensembles immobiliers plus luxurieux les uns que les autres. Les billboards présentent des vues en 3D de bâtiments modernes et rutilants aux façades vitrées, promesse d’une vie moderne (ultra-occidentalisée).

J’ai même lu quelque part que la première Trump tower d’Inde sera construite à Pune.

Trump tower à Pune

Mais cette proposition aseptisée n’a pas l’air de prendre au niveau de la rue, qui reste néanmoins bruyante, désordonnée, polluée, poussiéreuse…

D’ailleurs le décalage entre les deux est absurde a voir.

Des slums peu visibles, mais bien présents

(Ségrégation par la langue: les panneaux sont rédigés exclusivement en anglais, les pauvres ne parlent pas anglais)

Alors pendant mes premières nuits d’insomnie dues au décalage horaire, je me suis un peu enquise au sujet de cette ville moyenne (c’est évidemment relatif) de l’Inde.

Mes recherches m’ont appris que la ville compte 3 millions d’habitants (Pune et sa métropole en comptent 5) et qu’aussi la population a presque doublé en 20 ans.

Pourtant il semble que cette prospérité cache une misère tout aussi galopante et invisible aux yeux des étrangers qui tournent en rond dans le centre prospère. La ville est dépassée par l’augmentation de population… Et par conséquent ne semble pas parvenir à faire face aux défis que cela pose. (Pollution, traitement des déchets, eau etc). Car en réalité, si les cadres et les étudiants déménagent à Pune, il en va aussi de même avec la population qui déserte les campagnes et finit dans des taudis.

Atlas des bidonvilles de Pune

Une ONG locale a établi un atlas des bidonvilles de Pune et a calculé le nombre exact de bidonvilles et le nombre de personnes qui y habitent.

Pune depuis la colline

Contrairement aux études sommaires de la ville, les habitants des bidonvilles ont été estimés à 1,2 millions en 2011. C’est à dire que presque la moitié des habitants de Pune sont extrêmement pauvres, n’ont pas d’accès à l’eau potable ou à l’électricité. Les bidonvilles occupent une surface de 2,34% de la ville, alors imaginez un peu la densité!

En réalité, le plus effarant là dedans, c’est qu’on sait que l’économie indienne se positionne à la 10eme place mondiale. Que son taux de croissance est un des des plus élevé . Et on nous rabâche que les conditions de vie s’améliorent en Inde, qu’une immense classe moyenne est en train de se créer etc.. Mais la même étude a aussi montré que le pourcentage de la population vivant dans des taudis à Pune a augmenté de manière significative au lieu de régresser comme on pourrait le croire.

En 1961, Le pourcentage de la population vivant dans des bidonvilles était de 15%

En 1981, de 31,33% , en 2011 de 40,38%… Donc, on peut affirmer sans crainte de se tromper qu’elle ne doit pas être loin des 50% aujourd’hui!

Au regard des chiffres cités plus haut, à première vue l’observateur étranger que je suis se demande comment cela peut fonctionner aussi paisiblement. La corruption semble être impossible à éradiquer et des dizaines de langues officielles côtoient des dizaines de religions.

Pune
queue devant la banque: le gouvernement a retiré les billets de 500 et 1000 roupies pour tenter d’éradiquer le marché noir

“L’Inde est une anarchie qui fonctionne”

Jk. Galbraith

Une ville moyenne représentative

Il me semble que Pune est vraiment un cas représentatif de ces villes dites moyennes ou intermédiaires dans les pays émergents. Les disparités entre riches et pauvres sont immenses et la ville semble surpassée par les défis que pose cette croissance incontrôlable: tandis que des immeubles de luxe sont construits sur des terres rurales en principe non constructibles, les infrastructures ne suivent pas: une grande partie de la population n’a pas d’eau courante et la presque totalité des eaux usées n’est pas traîtée. Comme il n’y a pas vraiment de réseau de transport en commun, le trafic urbain est intense. Et pour cette raison la pollution qui va avec est insupportable.

Je ne suis pas assez qualifiée pour porter une analyse. Somme toute, je pose ici simplement mes observations de touriste. A vrai dire je trouve incroyable que ce pays si chaotique soit une démocratie… Et que cela fonctionne quand on pense à tous les ingrédients explosifs et les disparités extrêmes qu’il y a dans ce mix! En fin de compte un peu à l’image de la cuisine indienne si variée et si pimentée.. Tout comme les épices sont le dénominateur commun de la cuisine indienne, il semble qu’il y ait une sorte d’ingrédient invisible comme un mélange d’épices, liant indéfinissable qui assure la cohésion sociale dans un pays aux milles identités…

Retour à Hambourg

En tous cas, nous sommes rentrées à Hambourg. Sur le chemin du retour à la maison, la grisaille ambiante me frappe. En plus du gris dans le ciel, tout à l’air très rangé ici. Les gens ne portent pas de vêtements colorés, les véhicules sont étrangement silencieux, et personne ne klaxonne. Pas d’odeur, pas de couleur, c’est le désert sur les trottoirs. Les vitrines des magasins ont beau être complètement ornées de décorations de noël… En bref, c’est une grisaille désespérante qui règne dans les rues. Seulement quelques heures après avoir mis le pied sur le sol teuton, je me sens déjà complètement déprimée. La descente quoi. Je crois que je suis en train de ressentir le choc culturel dont on m’avait parlé avant mon départ… Mais à l’envers.

Références:

Slum atlas

Article du Times of India

Trump Tower Pune